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Intelligence Artificielle

Deepfakes sexuels : une loi US pour attaquer en justice, pendant que Grok continue de déraper

Le Sénat américain avance sur une loi qui permettrait aux victimes de deepfakes sexuels de poursuivre les auteurs. En parallèle, Grok (xAI) reste contournable malgré des ‘garde-fous’. Voilà ce que ça change — et quoi faire concrètement.

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Les deepfakes “sexuels” (des images truquées qui te mettent en scène dans une situation intime) sont en train de passer d’un scandale récurrent… à un problème juridique et politique traité comme une urgence.

Deux signaux très clairs, la même semaine :

  1. Aux États‑Unis, le Sénat a fait avancer une loi qui donnerait aux victimes un outil simple : pouvoir poursuivre en justice les personnes qui créent ces images.
  2. Au Royaume‑Uni, malgré la pression, Grok (le chatbot de xAI / X) reste contournable : on peut encore produire des images sexualisées en partant d’une photo réelle.

L’enjeu : ce n’est pas “juste des images”. C’est de l’atteinte à la réputation, du chantage, du harcèlement — et un nouveau bras de fer sur la responsabilité des plateformes.

1) La loi US : qu’est-ce que le DEFIANCE Act change ?

D’après The Verge, le Sénat a fait passer le DEFIANCE Act, un texte qui permettrait aux victimes de poursuivre civilement les individus qui ont créé des deepfakes sexuellement explicites sans consentement (dommages et intérêts).
Source : https://www.theverge.com/news/861531/defiance-act-senate-passage-deepfakes-grok

Point important : on parle ici d’un levier “civil” (attaquer en justice), en complément d’autres approches (pénal + obligations de retrait).

Et surtout : le texte arrive dans un contexte où les responsables politiques citent explicitement des cas liés à Grok/X.

2) Pourquoi Grok est au centre de la controverse

Le problème décrit par The Verge est très “terrain” : X a annoncé des restrictions (par exemple, flouter certaines demandes), mais en pratique, les garde-fous sont faciles à contourner. Les tests rapportés montrent qu’on peut obtenir des images sexualisées (lingerie très révélatrice, poses suggestives, “bikini”, etc.) en partant d’une photo uploadée.
Source : https://www.theverge.com/news/861894/grok-still-undressing-in-uk

Autrement dit : même si le système refuse parfois des demandes “pleinement nues”, il peut encore produire des contenus humiliants et exploitables.

3) L’escalade : plainte contre xAI (et pression des régulateurs)

Selon un article repris par Ars Technica (Financial Times), une plainte a été déposée contre xAI au sujet d’images sexualisées générées / facilitées par Grok, avec demande de mesures immédiates (type injonction). L’article mentionne aussi des menaces de sanctions / enquêtes dans plusieurs pays.
Source : https://arstechnica.com/tech-policy/2026/01/mother-of-one-of-elon-musks-offspring-sues-xai-over-sexualized-deepfakes/

Même si chaque cas est spécifique, le signal “macro” est simple : les gouvernements n’attendent plus.

4) Ce que ça change (concrètement) pour les victimes… et pour les plateformes

Pour les victimes

  • On s’approche d’un monde où la réponse n’est plus uniquement “demande de retrait”, mais aussi action en justice plus accessible.
  • Les deepfakes “non totalement nus” restent un problème : un contenu peut être illégal, traumatisant et utilisé pour nuire, même s’il ne montre pas une nudité explicite.

Pour les plateformes et outils d’IA

  • Les “garde-fous” vont devenir un sujet auditable : est-ce que ça marche vraiment ou est-ce que c’est contournable en 30 secondes ?
  • La question clé : qui est responsable — l’utilisateur, l’outil, la plateforme qui héberge, ou les trois ?

5) Comment se protéger (checklist pragmatique)

Si tu es concerné (ou si tu gères une marque / un dirigeant exposé) :

  1. Documente : captures d’écran, URLs, horodatage, comptes qui publient.
  2. Signale sur la plateforme + demande de retrait (et conserve les preuves de tes démarches).
  3. Active des alertes (Google Alerts sur ton nom, monitoring social simple) si tu es une cible probable.
  4. Prépare une réponse (courte, factuelle) : nier, expliquer, renvoyer vers la demande de retrait, éviter l’effet Streisand.
  5. Si ça dégénère : conseil juridique (le but est d’aller vite, pas de “discuter avec Internet”).

Conclusion

On est en train de voir se mettre en place un nouveau standard : les deepfakes sexuels ne seront plus traités comme une “zone grise” tech, mais comme une atteinte avec des conséquences juridiques.

Le vrai test, maintenant : est-ce que les plateformes et outils comme Grok vont réussir à rendre leurs garde-fous réellement efficaces — ou est-ce que la régulation va accélérer, faute de résultats.

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